Technopolis

Publication en ligne de Technopolis, roman d'anticipation

07 avril 2007

Episode 19

« Je suis désolé pour mon père. Il est comme ça depuis la mort de ma mère, il ne l’a pas supporté.
- Il s’est remarié, pourtant.
- Oh, il n’aime pas Kelly, il l’a juste épousé pour la façade, en quelque sorte. Mais c’est une salope, je ne l’aime pas.
- Vraiment ?
- Oui : y a que mon père pour croire que Bryan est son demi-frère. C’est son amant, en réalité.
- Oh !  »
Il n’était pas aussi naïf qu’elle l’avait cru, en fin de compte, il avait au moins compris les véritables relations de sa belle-mère et de son prétendu frère.
« Nous ferions mieux d’y aller.
- Attendez, j’aimerais…regarder le paysage, je n’ai pas eu le temps de bien l’apprécier, encore et c’est tellement plaisant, cette pièce qui tourne.
- Si ça vous amuse. »
Ils se rapprochèrent de la baie vitrée, mais elle se rendit compte qu’elle ne pouvait pas récupérer son bien sans attirer l’attention du jeune homme. Il fallait le divertir, mais que faire ? Elle le savait bien, mais ça l’ennuyait, parce qu’elle avait vraiment l’impression de se moquer de lui et de ses sentiments envers elle, qui paraissaient sincères.
« Nous ne devrions pas nous attarder, mon père est de mauvaise humeur, aujourd’hui et… »
Il n’eut pas le temps de finir sa phrase qu’elle se jeta sur lui et l’embrassa avidement, ce qui sembla totalement le déstabiliser, au départ, mais il s’adapta très vite et lui rendit son baiser. Elle s’arrangea pour reculer légèrement, l’entraînant avec elle et put enfin accéder à l’ordinateur ; heureusement, elle connaissait le clavier par cœur et put faire sortir le CD-ROM du PC. Quand le terminal bippa pour indiquer qu’il avait bien saisi la commande, Mark fit mine de regarder ce qu’il se passait, mais elle l’attira encore plus vers elle et il oublia l’ordinateur. Quand elle eut fini son opération, elle le relâcha et il s’éloigna, puis se retourna, gêné. Elle en profita pour glisser le CD-ROM dans son sac.
« Je…je suis désolée, fit-elle enfin, faussement dépitée. Je ne sais pas ce qu’il m’a pris, je…
- Ce n’est pas grave, après tout, on va bientôt se fiancer, non ?
- Oui, mais ce n’est pas une raison pour me conduire comme je l’ai fait. Je suis désolée, Mark.
- Ce n’est rien, vraiment. De toute façon, moi aussi, j’en avais envie. Bien, ne nous attardons pas ici, mon père serait furieux s’il nous trouvait ici en revenant. »
Il lui prit la main tendrement et la reconduisit à travers les longs couloirs de la mairie, sans rien ajouter, visiblement satisfait de la tournure que prenaient les choses. Quant à elle, elle était surprise de la facilité qu’elle avait eu à voler toutes ces informations. Ca leur permettrait d’apprendre beaucoup de choses sur leurs rivaux et ils pourraient alors le vaincre. Ils allaient sortir quand Bryan, le frère de Kelly se posa en travers de leur chemin.
« Sécurité, annonça-t-il. Je dois vérifier que vous n’emportez rien. »
Oceany se sentit prise au piège : elle ne pouvait pas se débarrasser discrètement des CD sans se faire remarquer…ils allaient tous comprendre ses véritables intentions, elle était perdue.
« Bryan, je t’en prie, arrête ce numéro : je ne vois pas ce que j’aurais pu prendre ici. Tout sera à moi, un jour.
- Je ne parle pas de toi, mais de la demoiselle, là. Veuillez ouvrir votre sac.
- Arrête, c’est ma fiancée, fiche-lui la paix. Viens Oceany, on s’en va. »
Il l’entraîna vers la sortie, fusillant Bryan du regard, au passage. Quand ils furent sortis, il explosa :
« Quel crétin, ce type, je peux pas le supporter ! Non, mais il se prend pour qui ? Je vous jure que, quand je serai maire, je le virerai en vitesse.
- Comment se fait ce que ce ne soit pas un robot qui assure la sécurité ? Je croyais que les hommes n’avaient plus à travailler.   
- Lui, c’est différent. Mon père a besoin d’un garde du corps infaillible et les robots ne sont pas parfaits, dans ce domaine. Et puis, Bryan est un hyper actif, il a besoin de bouger, de s’occuper…alors mon père a eu pitié et l’a fait travailler.
- Ah, je comprends.
- C’est qu’un petit merdeux, il a besoin de se sentir important, alors il abuse un peu de son autorité. Bon, j’en ai assez de parler de ce pauvre type, si nous allions chez moi ?
- Oh, je…oui, mais je ne dois pas rentrer trop tard.
- D’accord. »
Ils se rendirent à la station de monorail la plus proche et grimpèrent dans l’engin dès qu’il arriva. C’était un des éléments de Technopolis le plus réussi : silencieux et écologique, le monorail était d’une rapidité inégalée et desservait parfaitement tous les recoins de la ville. Sauf le rez-de-chaussée, où personne ne voulait jamais aller, sauf elle, bien évidemment. De plus, avec ses larges baies vitrées, il était assez lumineux et offrait à ses voyageurs une vue de la ville originale.
Ils arrivèrent à destination et Mark l’entraîna vers son appartement dont il semblait très fier. Il s’agissait en fait d’une sorte de maison sur le toit d’un grand immeuble, avec un étage. L’avantage de vivre tout en haut était que l’on avait que le ciel au-dessus de la tête, et non l’étage supérieur, comme les autres. L’extérieur était une sorte d’imitation miniature de l’ancienne maison blanche, qui avait été détruite longtemps auparavant. Quant à l’intérieur, il ressemblait tout à fait à son propriétaire : totalement mégalomane. Un immense miroir tapissait le mur de l’entrée tandis que, de l’autre côté se trouvait un énorme escalier en marbre blanc qui menait à l’étage. En longeant la grande glace, on aboutissait à un immense salon où se trouvaient, entre autre, une cheminée, un piano deux immenses bibliothèques et un tableau surdimensioné de Bill Oxford qui prenait une pose similaire à celle de Louis XIV sur le tableau de Hyacinthe Rigaud. Au moins, il affichait clairement ses ambitions. Une jeune noire entra dans la pièce et se planta devant Mark. Oceany fut plutôt surprise de voir une personne de couleur dans les étages de l’élite, mais à la façon dont elle était habillée et dont elle fuyait leur regard, elle comprit avec effroi qu’il s’agissait d’une esclave.
« Oceany, vous voulez boire quelque chose ?
- Non, ça ira, merci.
- Bon. Dans ce cas, Kirstie, apportez-moi juste un verre de muscat bien frais. Kelly est ici ?
- Madame est dehors, au bord de la piscine.
- Oh, oui, la piscine ! Il faut que vous voyiez ça !  »
Il la prit par la main et l’amena sur le balcon sur lequel se trouvait un grand bassin entouré de verdure et de palmiers ; décidément, Oxford ne se refusait rien.
Kelly, vêtue d’un simple bikini était tranquillement étalée sur une chaise longue, en train de prendre le soleil, un luxe que seuls les plus riches pouvaient s’offrir. Elle souleva paresseusement ses lunettes de soleil pour étudier rapidement la nouvelle venue, puis les rebaissa et reprit sa séance de bronzage. Mark ne fut pas rebuté par cette attitude et se dirigea droit vers elle.
« Kelly, je te présente ma future fiancée, Oceany.
- Oui, je me souviens de vous. Vous dansiez avec Mark, à la réception des Wadeker, n’est ce pas ? Tu as de la chance, Mark, elle est très jolie. »
Oceany ne put s’empêcher de rougir : elle n’était pas trop habituée au compliments et elle était toujours un peu gênée quand on lui en faisait. La jeune femme quitta enfin son transat et tendit la main à la nouvelle venue.
« Bienvenue dans la famille, Oceany. Je crois que Mark a fait le bon choix, vous ferez certainement une bonne épouse. Nous devons fêter ça. Kirstie !  »
La jeune noire apparut presque immédiatement et avança jusqu’à sa maîtresse, en évitant soigneusement de la regarder dans les yeux. Que c’était triste !
« Apportez-nous trois bouteilles de champagnes et prêtez un maillot à Mlle Antelwort.
- Oh, je ne voudrais pas…
- Ici, c’est une tradition : nous buvons toujours le champagne dans la piscine, ça lui donne un meilleur goût. Kirstie, conduisez notre invitée dans une des chambres d’amis pour qu’elle puisse se changer.
- Oui, madame. »

Premier Episode/ Episode Précédent / Episode suivant

Posté par Lea L à 23:54 - Le roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=208241&pid=4560858

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :