Technopolis

Publication en ligne de Technopolis, roman d'anticipation

28 février 2007

Episode 01

Prologue

19 janvier 2005- 8 : 45,a.m(G.M.T)
New Delhi

            La foule, le bruit, les odeurs nauséabondes du peuple qui souffre…c’était son quotidien, il y était tellement habitué qu’il ne voyait plus la misère. Pourtant, depuis quelques jours, c’était la panique, les gens fuyaient : ça sentait la guerre. En effet, les affrontements à la frontière indo-pakistanaise continuaient de plus belle et la Chine commençait à pointer le bout de son nez, de l’autre côté, cherchant à les envahir.
Il était médecin dans cette ville depuis dix ans, environ, et il n’avait jamais connu autant de mouvements, il lisait la peur sur le visage des gens et il n’arrivait pas à les rassurer car il craignait ce qui allait se produire.
« Des avions, des avions ! cria un petit garçon en indien, ce qui eut pour effet de créer un mouvement de panique dans la foule.
- Mon Dieu, les Chinois attaquent ! Lança-t-on.
- On va tous mourir !  »
Il sortit dehors pour voir ce qu’il se passait et vit à son tour les avions qui, il en était quasiment sûr, appartenaient à l’armée chinoise : qu’allaient-ils faire ? Il eut de brusques sueurs froides en répondant à sa question : ils allaient sans doute les bombarder, mais avec quoi ? La bombe atomique semblait peu probable : ils voulaient récupérer cette terre, il ne fallait pas la gâcher ; des missiles ? Sans doute. Il fallait se mettre à l’abri, mais il était paralysé par ce spectacle, hypnotisé par le ballet de ces avions.
Soudain, l’un des deux piqua du nez, fonça droit vers eux et rasa le sol en lâchant un étrange gaz jaunâtre ; du napalm ? Non, car il fut abondamment aspergé mais ne se sentit pas brûler. Quoi, alors ? Il toussa un peu d’avoir respiré cette drôle d’arme totalement inefficace et retourna à l’intérieur, pour s’asseoir sur un des lits et retrouver ses esprits ; il se passa la main sur son visage et remarqua quelque chose de bizarre : elle était couverte de kystes plus ou moins gros : il avait la lèpre. Comment était-ce possible ? Il n’avait rien quelques minutes auparavant. Une femme entra à son tour et son visage était déformé par la maladie. Il la connaissait, elle n’avait rien avant l’attaque alors…ce gaz jaune, était-ce des germes de lèpre ? Il regarda sa main et constata avec horreur que tout son corps était déjà recouvert, ce qui était totalement impossible ; quant à la femme, elle poussa un étrange gargouillis, puis s’effondra sur le sol, visiblement morte. Il vérifia son pouls mais c’était inutile, il le savait.
L’air commença à lui manquer, il ne pouvait plus respirer, son corps semblait peser des tonnes, il avait envie de se laisser glisser…ils avaient crée la première arme bactériologique : un concentré de lèpre fulgurante qui ne laisserait rien, ou plutôt personne, sur son passage. Ensuite, comme ils avaient probablement l’antidote, il suffirait de le vaporiser dans l’air et d’attendre, puis la terre serait à eux. Il s’écroula sur le sol, haletant, mais il savait qu’il ne fallait pas lutter, ça ne servait à rien : il était condamné. Il écouta les bruits dehors, des cris d’agonie, mais il y en avait si peu, ils devaient déjà presque tous être morts.
Saloperie de guerre.
-----
Même jour- 4 : 25 p.m(G.M.T)
Etat major des Etats Unis

            Tous le monde était enfin là, réuni autour de la grande table, il était temps de commencer. Le général Cooper s’éclaircit la voix, pour indiquer à ses locuteurs qu’il allait commencer et les prier de faire silence.
« La situation est grave, commença-t-il, sans chercher à mettre les formes. Cette nuit, à 8 h45, heure de Greenwich, soit 3 h45 chez nous, la République de Chine a bombardé New Delhi. Comme vous le savez certainement, ça fait quelques temps qu’il y a des tensions là-bas et nous soupçonnions le gouvernement chinois de vouloir envahir l’Inde, mais maintenant, il n’y a plus de doute à avoir.
- Comment les ont-ils bombardés ?
- J’y viens, j’y viens. Ils n’ont pas utilisé des missiles ordinaires, ni des bombes graphites ni tout ce dont nous nous servions jusque là. D’après un de nos agents qui s’est rendu sur place après l’attaque, il s’agirait d’une bombe… hum…bactériologique. »
Un murmure parcourut l’assistance : personne, à leur connaissance, n’avait réussi un tel exploit…comment les Chinois, qui n’étaient pas parmi les pays les plus riches, ni les plus développés d’un point de vue scientifique avaient-ils réussi à créer cette bombe ?
« D’après notre homme, il n’y aurait plus personne de vivant dans les quartiers populaires de Delhi, ce qui signifie que…cette bombe a à 100% rempli son rôle.
- Qu’allons nous faire ? Nous ne pouvons pas lutter contre eux.
- Nous avons peut-être une solution. Dans ce pays, nous avons les savants les plus brillants et l’un d’eux a peut-être trouvé la solution. Messieurs, je vous présente le Dr Hank Antelwort. »
La porte s’ouvrit et un homme d’une trentaine d’année vêtu d’une blouse blanche fit son entrée. Il ne ressemblait pas vraiment à l’image classique du savant, c’est à dire un vieil homme aux cheveux hirsutes et aux petites lunettes rondes perchées sur le bout de son nez. Antelwort était plutôt le contraire : ses cheveux blonds étaient impeccablement brossés et ses yeux gris qui semblaient briller d’intelligence n’avaient pas besoin de l’aide de lunettes pour voir clair.
« Bonjour, dit-il, je suis le Dr Antelwort ; je suppose que vous êtes au courant pour cette nuit…impressionnant, hein ? D’après ce que j’en sais, tous ces gens sont morts de la lèpre en quelques instants, ce qui, à l’état naturel, est impossible, mais les Chinois ont réussi à créer un nouveau genre de maladie, une lèpre qui se propage incroyablement vite et qui tue sa victime en un temps record.
- Que peut-on faire contre ça ?
- C’est très simple : ils bombardent leur saleté en utilisant des gaz : protégeons-nous avec des combinaisons totalement hermétiques et respirons avec des bouteilles à oxygène. Mais nous devons trouver, nous aussi, une arme similaire, pour rendre la monnaie de leur pièce à ces types.
- Mais l’ONU ne nous autorisera jamais à faire ça : la Chine fait partie du conseil de sécurité et…
- La Chine a-t-elle demandé la permission à l’ONU ? Je ne pense pas, non. C’est la guerre, général, on n’a pas de temps à perdre avec de la paperasse, d’autant plus que l’ONU, tout le monde sait très bien que c’est nous qui la dirigeons comme nous voulons…y a que les Européens pour croire qu’ils ont un pouvoir là-dedans, dit-il avec mépris. Nous sommes sur le point de mettre en place un microbe extrêmement dangereux qui détruira tout sur son passage. Dès que nous aurons enfin fini nos travaux, la guerre stoppera d’elle-même au bout de deux jours, car il n’y aura plus aucun chinois de vivant. »

Episode suivant

Posté par Lea L à 00:11 - Le roman - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Poster un commentaire







Rétroliens

URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=208241&pid=4156168

Liens vers des weblogs qui référencent ce message :